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Angola - Vivre à Luanda, la ville la plus chère du monde
Quand on s’imagine les mégalopoles les plus coûteuses du monde, on pense bien souvent à Londres, Tokyo ou encore New York. Mais l’Afrique compte aussi des cités très éprouvantes pour le porte-monnaie.

La ville la plus chère au monde : Luanda, en Angola
Selon une étude réalisée en 2011 par le cabinet Mercer, Luanda, la capitale
angolaise, est la ville la plus chère au monde pour les expatriés.
Dans le cadre de son dossier «At home abroad» (chez soi à l’étranger), BBC News a
voulu chiffrer le coût réel de la vie dans cette ville d’Afrique australe. Selon le média
britannique, une maison peut se louer plus de 7.500 euros par mois, un simple repas peut
se payer 40 euros tandis que la facture d’une chambre d’hôtel peut grimper à 300 euros
la nuit.
Ces dépenses faramineuses sont le lot quotidien de Wina Miranda, une expatriée qui a
déménagé de l’Indonésie à Luanda en 2008 avec son mari, un ingénieur dans une compagnie
pétrolière.
«Les articles sur le coût de la vie sont les seuls que j’ai trouvé lorsque j’ai fait une
recherche sur l’Angola sur Google. Il n’y avait pas grand-chose d’autre, ni photos ni
informations, seulement des histoires sur les prix. Malgré cela, nous avons seulement
réalisé à quel point c’était cher en arrivant ici», raconte cette femme de 34 ans.
Les dépenses de cette famille sont surtout dédiées aux achats alimentaires:
«Nous dépensons à peu près 1.500 euros par mois et nous ne buvons même pas d’alcool.»
Heureusement, le loyer de leur maison, leur voiture ainsi que les frais de scolarité de
leur fille sont payés par l’entreprise du mari.
Fernando Azvedo, un ingénieur en télécom, originaire du Portugal, dévoile aussi ses comptes.
Selon lui, les seuls prix raisonnables concernent la bière (45 centimes la bouteille), les
cigarettes (1,15 euro) et l’essence (30 centimes le litre de diesel).
«Luanda est vraiment la ville la plus chère dans laquelle je sois jamais allée», témoigne
également James Wilde, un consultant qui travaille pour une compagnie allemande.
Mais cet expatrié ne se considère pas non plus à plaindre:
«Ce qui est le plus frustrant, c’est de payer cher et de ne pas obtenir l’équivalent en
terme de qualité et de service. Mais mon salaire est ajusté à ma vie ici, cela vaut
toujours le coup de travailler à Luanda.»
Les raisons de cette cherté
Pour la BBC, ces prix exorbitants s’expliquent par la récente histoire de l’Angola. Le
pays a en effet traversé une longue période de guerre civile, depuis son indépendance avec
le Portugal en 1975, jusqu’au début des années 2000.
A cause de ces violences, les infrastructures sont en très mauvais état. L’agriculture et
l’industrie ont aussi été durement touchées. L’Angola doit ainsi importer près de 80% de
ses produits de consommation.
Pour Louise Redvers, la journaliste britannique qui a réalisé cette enquête, l’élite
angolaise qui contrôle les compagnies d’importations a également fait peu de choses pour
faire baisser les prix. Comme l’explique Jose Severino, le président de l’Association
angolaise de l’Industrie, il s’agit d’un cercle vicieux:
«Le système électrique est peu fiable, il faut donc un générateur. Le système de transports
ainsi que les capacités humaines étant également faibles, cela augmente le coût de la
production locale. Il est donc toujours moins cher d’importer les biens plutôt que de les
produire ici.»
Les expatriés ont toutefois quelques raisons de se réjouir. Les prix de l’immobilier sont
en en effet en baisse. «Comme il y a de plus en plus de constructions, il y a plus de
logements disponibles et les tarifs chutent. Dans certains cas, les appartements sont
50% moins chers qu’il y a trois ans», estime Daniel Esteves, un agent immobilier portugais,
installé à Luanda.
Pour réussir à boucler leurs fins de mois, les expatriés ont aussi dû apprendre à être
plus débrouillards. Wina Miranda raconte ainsi qu’elle rapporte désormais un conteneur de
nourriture à chaque fois qu’elle rentre chez elle. Elle a aussi récemment découvert une
petite ferme qui vend des légumes à des prix raisonnables.
Ed Corbett, un consultant britannique, a lui aussi décidé d’acheter directement à des
petits vendeurs locaux dans la rue. Cet expatrié se veut optimiste. Selon lui, la ville
ne devrait plus être au 1er rang des cités les plus chères du monde en 2012.
«Luanda n’est pas donné, mais si tu sais où acheter, c’est de plus en plus abordable»,
conclut-il.
