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France : Free bouscule le marché du mobile et met au défi les opérateurs installés
Free a bousculé le monde de la téléphonie mobile en débarquant mardi sur ce créneau, inédit pour lui, avec deux offres présentées comme les moins chères du marché, mettant ainsi au défi les autres opérateurs de le suivre sur ce chemin.

Xavier Niel, PDG de la maison mère Iliad, lors d'une
conférence de presse le 10 janvier 2012 à Paris
"En 2008, on vous avait promis de diviser votre facture par deux. Depuis, les opérateurs
présents sur le marché ont baissé leurs prix de seulement 10%. Free propose aujourd'hui des
offres qui divisent de deux à quatorze fois les forfaits existants", a martelé Xavier
Niel, PDG de la maison mère Iliad.
Free est le quatrième opérateur à disposer d'une licence de téléphonie mobile 3G en France.
Lors d'un show à l'américaine, M. Niel a dévoilé un forfait mobile à 19,99 euros, sans
engagement ni téléphone fourni, mais avec internet (jusqu'à 3 gigaoctets), SMS/MMS illimités
et appels illimités vers 40 destinations, dont le Togo.
Parallèlement, il propose une offre dite "sociale" couplant 60 minutes de communications et
60 SMS pour pour 2 euros par mois.
Alors que le ministre de l'Industrie Eric Besson a salué "cet engagement en faveur des
citoyens les plus défavorisés", la Bourse a également bien réagi: à la clôture, le titre
Iliad a terminé en hausse de 2,81% à 97,67 euros, après avoir atteint en séance un plus
haut historique depuis son introduction en Bourse le 30 janvier 2004, à 98,72 euros.
La commercialisation des deux offres a démarré sur les chapeaux de roue: en fin de matinée,
le site internet Freemobile était devenu inaccessible, pris d'assaut par 1,8 million de
visiteurs, selon l'opérateur.
Evoquant des scènes de cohue de clients mardi dans les 4 boutiques dont dispose seulement
Free en France, Xavier Niel a expliqué sur France 5 que 100 boutiques seraient ouvertes
"d'ici deux ans".
Les 4,8 millions d'internautes déjà abonnés "triple-play" (télévision, internet et
téléphonie fixe) bénéficient d'un tarif réduit à 15,99 euros, et le forfait "social" sera
gratuit pour eux.
Dans l'immédiat, les offres sont toutefois "limitées aux trois premiers millions" de
clients, a précisé M. Niel, sans s'avancer sur les conditions au delà de ce seuil.
"Entrée fracassante"
"Sur le papier, cette offre est une bonne surprise", estime Edouard Bareirro, chargé des
nouvelles technologies à l'UFC-Que Choisir, "mais nous attendons de pouvoir consulter les
conditions générales de vente, notamment sur ce que recouvre exactement le mot illimité".
"Free fait une entrée fracassante sur le marché aussi bien sur les prix que sur les contenus
avec deux très bonnes offres, et il tient sa promesse en divisant par plus de deux les
prix", a commenté Mathieu Drida, PDG du comparateur d'offres meilleurmobile.com.
"Free a transposé son modèle internet sur le mobile", explique Stéphane Dubreuil, du cabinet
Sia Conseil. "Sa stratégie initiale était de se mettre dans une zone tarifaire où les
autres opérateurs ne peuvent pas aller tout en proposant une approche simplifiée qui
redistribue les cartes sur le marché".
"Il ne faut cependant pas se précipiter (sur ces offres), car les autres opérateurs vont
répliquer", a ajouté M. Drida.
"C'est le jour J pour Free et nous les laissons savourer. Mais que nos clients se rassurent,
nous reviendrons vite vers eux pour parler des propositions que nous avons préparées", a
réagi l'opérateur historique Orange.
"C'est une offre de lancement réservée aux trois premiers millions, on verra ce qu'il se
passe ensuite", a commenté Franck Cadoret, directeur général de SFR.
"Vous avez le choix des armes, vous pouvez donner une leçon à votre opérateur en le quittant
ou en lui demandant de baisser ses tarifs", a lancé Xavier Niel lors de sa présentation
selon lui également suivie sur internet par 600.000 personnes.
Avant son intervention, l'opérateur a diffusé un petit film parodique, moquant les
concurrents et leurs affirmations au fil des années sur leur stratégies et leurs tarifs.
