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CAN: une hiérarchie et des favoris bousculés
Le crash du Sénégal, la révélation des deux pays organisateurs, le Gabon et la Guinée-Equatoriale, la confirmation du Ghana et de la Côte d'Ivoire mais des vedettes globalement hors du coup: tel est le bilan de la CAN-2012 à mi-parcours et avant le début des quarts de finale.

Le sélectionneur de l'équipe du Gabon Gernot Rohr (au centre) avec Pierre
Emerick Aubameyang (à droite) le 2 février 2012 à Libreville.
Le fiasco du Sénégal
L'élimination des Lions de la Teranga constitue la principale sensation du premier tour.
Malgré une armada offensive censée tout balayer sur son passage, le Sénégal a montré un
visage pathétique, enregistrant la pire campagne africaine de son histoire (3 défaites).
Dans un groupe largement à leur portée, avec notamment deux équipes de petits calibres
(Libye, Guinée-Equatoriale), les coéquipiers de Souleymane Diawara n'ont jamais fait le
poids et signé un fiasco qui pourrait coûter cher au sélectionneur Amara Traoré. En 2002,
le Sénégal se révélait à la face de la planète en dominant le champion du monde français
avant d'atteindre les quarts de finale du Mondial. Aujourd'hui, il est la risée de
l'Afrique.
Ghana et Côte d'Ivoire sur la voie royale?
Le Sénégal hors course, tout semble réuni pour que la CAN se résume à une explication
entre les deux mastodontes encore en lice, la Côte d'Ivoire et le Ghana. Les Eléphants
sont loin d'avoir produit un jeu à la hauteur de leur casting quatre étoiles (Drogba,
Yaya et Kolo Touré, Kalou, Gervinho, Doumbia) mais ils ont effectué un sans-faute et
montré une belle solidité défensive (aucun but encaissé).
Les Black Stars n'ont en revanche pas montré de grandes failles et sont bien décidés à
rapporter enfin une cinquième coupe à la maison après être passés tout près d'un sacre
lors des dernières éditions (demi-finales en 2008, finale en 2010).
De surprenants pays-hôtes
Avant le début de la CAN, personne n'aurait osé miser quoi que ce soit sur un beau parcours
des deux pays organisateurs. Mais le Gabon et la Guinée-Equatoriale ont déjoué tous les
pronostics pour s'inviter dans le Top 8. Les Panthères et leur buteur Aubameyang (en tête
du classement des buteurs avec 3 buts) ont damé le pion aux deux géants maghrébins,
devançant la Tunisie, seulement 2e du groupe C, et éjectant le Maroc. Tout reste possible
pour les Gabonais, portés par une ferveur populaire incroyable et qui possèdent toutes
les cartes pour l'emporter contre le Mali en quarts de finale.
La belle aventure du Nzalang Nacional devrait en revanche s'arrêter au prochain tour face
au grand favori ivoirien. Mais cette sélection cosmopolite, formée de joueurs nés pour la
plupart à l'étranger, a réalisé un énorme exploit en éliminant le Sénégal au terme d'une
rencontre au scénario invraisemblable (2-1). Sa Coupe d'Afrique est déjà une étonnante
réussite.
Un jeu souvent indigent, des stars absentes
Avec 61 buts en 24 rencontres, le bilan comptable du premier tour est honorable mais ces
chiffres cachent mal le déficit technique global des équipes et d'une épreuve amputée de
plusieurs places-fortes (Egypte, Cameroun, Nigeria). Les grands favoris n'ont pas fait
preuve d'une maîtrise totale des évènements, à l'image de la Côte d'Ivoire, au jeu poussif,
ou des deux représentants maghrébins.
La Tunisie a obtenu son billet mais son revers contre le Gabon (1-0) a de quoi interpeller
alors que le Maroc avec sa jeune garde prometteuse a montré une certaine naïveté dans la
gestion des évènements malgré la science de son patron Eric Gerets, comme cette fin de
rencontre cauchemardesque contre le Gabon (2-3).
Seul le Ghana d'André Ayew s'est montré digne de son rang de quart de finaliste du dernier
Mondial.
Si les stars "européennes" ne sont pour le moment pas au rendez-vous hormis peut-être
l'Ivoirien Kalou, plusieurs joueurs moins cotés se sont tout de même distingués comme
le Gabonais Aubameyang, le Tunisien Msekni, le Soudanais Mudather ou les Zambiens Mayuka
et Chris Katongo.
